TEXTS Their firm belief that architecture exists as much in drawing as it does in construction, as well as their conception of architecture as an instable form, bring them close to the radical architecture of the 60s and 70s and of the work of groups such as Superstudio or Archizoom, while their works underline the limits of this same architecture. There, where utopia’s work allowed one to anticipate the advantages of a future architecture or to denounce the absurdity of new ways of building or of architectural planning, the projects by Berdaguer & Péjus create new interactions - positive or negative ones, between architecture and man, without it being possible to read a denunciation or a political connotation, a critique or a programme. The designed buildings or objects do not generate their inhabitant’s well-being but reflect and prolong their dysfunction and their pathologies, at the risk of self-destructing. It is the case of the Houses that Die, designed with Rudy Ricciotti’s architectural studio: these houses evolve and collapse, they crumble, burn, melt, etc., according to the state of health of its inhabitants or to natural specificities of their implantation site, such as hygrometric or meteorological conditions. From this vital exchange between space and body, habitat and mind, are born the forms of an architecture that expresses just as easily the fears as the unconscious desires of those who occupy it. Thus, the twists and turns of the Sleep Plant system daily distil, to those who get connected, an artificial drowsiness by way of a soporific liquid. They take on the form of Sleeping Beauty’s dreams who has been put on tranquilizers by a wicked witch (or a good fairy?)... Their works reveal great dangerousness when they are actually used, such as the urban sculpture Truth Zone installed in 2002 (a sculpture made out of a plexiglas sheet and two polygraphs, which prompts social encounters and exchange, but that also reflects the tension created by the lie detectors); or the Epileptic Forest (a forest area lit by stroboscopes set on frequencies that can provoke a photosensitive epileptic fit). Christophe Berdaguer and Marie Péjus were born respectively in 1968 and 1969; they live and work in Marseilles. Any artistic specificity, of one or the other, is voluntarily erased under the name of Berdaguer & Péjus, for a new productive autonomous entity. Their works are present in the Communal Funds of the City of Marseilles, in the Regional Contemporary Art Fund of the Provences Alpes Côtes d’Azur region (Frac PACA), in the Frac Ile-de-France, the Frac Centre, the Frac des Pays-de-la-Loire, the National Contemporary Art Fund (FNAC), as well as in private collections. Leur conviction que l’architecture est autant dans le dessin que dans le bâti, tout comme leur conception de l’architecture comme une forme instable les rapprochent de l’architecture radicale des années 60 et 70 et du travail des groupes Superstudio ou Archizoom, cependant que leurs œuvres soulignent les limites de cette même architecture. Là où le travail de l’utopie permettait d’anticiper les bénéfices d’une architecture future ou bien de dénoncer l’absurdité des nouveaux modes de construction ou de planification architecturale, les projets de Berdaguer & Péjus créent de nouvelles interactions – positives ou négatives, entre l’architecture et l’homme, sans qu’il soit possible d’y lire une dénonciation ou bien une connotation politique, une critique ou un programme. Les bâtiments ou les objets imaginés génèrent non pas le bien-être de leurs habitants mais répercutent et prolongent leurs dysfonctionnements, leurs pathologies au risque de l’autodestruction. C’est le cas des Maisons qui meurent, conçues avec le cabinet d’architecture Rudy Ricciotti : ces maisons évoluent et s’effondrent, s’effritent, brûlent, fondent etc. en fonction de l’état de santé de leurs habitants ou des spécificités naturelles, hygrométriques, météorologiques, de leur site d’implantation. De cet échange vital entre l’espace et le corps, l’habitat et l’esprit, naissent les formes d’une architecture qui exprime les angoisses aussi bien que les désirs inconscients des humains qui l’occupent. Ainsi, les méandres du réseau de conduits de la Plante à sommeil qui distillent quotidiennement à qui s’y connecte un sommeil artificiel grâce à un somnifère liquide, adoptent la forme des rêveries d’une Belle au Bois Dormant qu’une méchante sorcière (une bonne fée ?) aurait placée sous anxyolitique... Leurs œuvres, si elles sont effectivement utilisées, révèlent une plus grande dangerosité, comme la sculpture urbaine Zone vérité installée à Fribourg en 2002 (une sculpture formée d’une plaque de plexiglas et de deux détecteurs de mensonges qui provoque des rencontres, des échanges mais reflète aussi la tension engendrée par les détecteurs de mensonge) ou la Forêt épileptique (zone de forêt éclairée par des stroboscopes réglés sur des fréquences pouvant provoquer des crises d’épilepsie de type photosensibles). Christophe Berdaguer et Marie Péjus sont nés respectivement en 1968 et 1969 ; ils vivent et travaillent à Marseille. Toute spécificité artistique de l’un ou de l’autre est volontairement gommée sous le nom Berdaguer & Péjus au profit d’une nouvelle entité productrice autonome. Leurs œuvres sont présentes au Fonds communal de la ville de Marseille, au Frac Paca, Frac Ile-de-France, Frac Centre, Frac des Pays-de-la-Loire, au Fonds national d’art contemporain ainsi que dans des collections privées. |
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